Marc Mercier Photography - Occitanie - Photographe - Photography

WOLFEN'S WORD

JUSTE LA PROMESSE DE RACONTER... VOUS ME SUIVEZ ?

 

 

LUNDI 3 MAI 2010

Voilà, on commence ...

Tout à commencé par une promesse peut être un peu idiote : raconter sa vie ...

Ça se fait beaucoup sur les blogs ... mais surement pas beaucoup, justement, de vie comme celle-là ...

 

Le problème est de savoir par où commencer : par le tout début, style "je suis né le..." ?

Non, tout le monde s'en fout, et moi aussi ! Inintéressant !

 

Et si on commençait tout simplement par la fin ? Si on commençait par le simple moment où je meurs, et où tout ce passé remonte dans votre vie comme une explosion incontrôlée ? ... Ça vous tente ?

 

 ... suivez moi ...

 

MERCREDI 5 MAI 2010

Fin ou début ?

Un râle ... la douleur, encore ... mais plus forte que les précédentes, qui vrille l'épaule.

La douleur qui te cloue littéralement au mur, qui te crucifie et te fait plier en deux au sens propre du terme!

Projeté par cette violence contre le mur, tu glisses à terre, sans force... On dirait bien que cette fois, c'est la bonne.

Juste le souvenir d'une parole dans le lointain : "personne ne pourra te tuer sauf si tu donnes toi même ce pouvoir à quelqu'un, mon enfant... " Je le lui ai donné. Elle me tue. C'est aussi simple.

Tu te sens glisser dans le noir... il n'y a personne ici pour voir ça , c'est bien ... il y a juste la douleur ... et rien, cette fois ...

 

LUMIÈRE ! ... comme un cri et la première respiration d'un bébé ! C'est d'une violence au delà des mots !

Tu te redresses d'un coup .. et tu vois : tu respires ... où est on? des silhouettes floues ... deux 

J'ai un truc qui fait mal dans la poitrine ... un coeur qui bat encore ... une seringue plantée dans la poitrine !

Tout tourne ! Pas de force ! 

Je les vois maintenant .. penchés sur moi ... et je les reconnais, malgré les vingt ans passés ...

Un ange, non... une elfe glacée venue du froid avec sa peau si pâle, ses cheveux si blonds qu'ils paraissent blanc et son regard translucide bleu clair qui fascine et terrifie tout le monde ... elle n'a pas changé .. Nastasja

La silhouette plus massive derrière : aussi blond ... mais dégarni quand même on dirait ... Piotr, son frère.

 

Pourquoi ? Je n'y comprends rien ... Ils me soulèvent et me soutiennent dans l'escalier ... la chambre : ils m'allongent.

La main de Nasta sur mon visage.. elle est aussi douce qu'il y a vingt ans ... d'un coup sec elle arrache la seringue. Je sombre ... dans sa lumière glacée, cette-fois encore ...

 

J'étais seul ce week end, c'est bien ... Nasta est restée près de moi deux jours et deux nuits ... elle me veille, elle me soigne, comme elle l'a déjà fait. Mais cette fois mes blessures ne sont qu'à l'intérieur ... J'ai tellement mal.

Mes vieux amis d'enfance et de jeunesse ... une de "mes vies".. un passé vieux de trente quatre ans ! Nous étions sept, sept jeunes enfants qui ont grandi ensemble, d'une certaine façon ... Mais Nasta et moi sont encore plus lié : une dette d'honneur, une dette de sang, comme dit Piotr ... Je n'ai rien fait d'extraordinaire mais il se sentent redevables, liés à vie !

Rien à discuter à ça : de vrais russes !

Nous sommes liés tous les sept. Il n'y a pas de mot qui existe pour dire comment. Même éloignés nous ne sommes jamais séparés. Ils ont senti que je me laissais mourir et ils sont venus.

Ça aussi c'est aussi simple que ça.

Nous savions juste où nous vivions tous, aux quatre coins du monde ... juste les adresses dont nous nous tenions "informés"... et ils sont venus ... juste à temps ? trop tôt ? je ne sais pas ...

J'ai juste mal ... mon coeur bat beaucoup trop vite ... ils le savent.

Ils savent aussi pourquoi. Ils l'ont lu dans mes yeux ... Ils savent pour elle. Ils vont me demander et moi, je leur répondrai ... 

 

Les autres arrivent ... dans les 24 heures, ils débarquent tous ici ... Ils ont tous senti et ils viennent tous pour moi...

Notre senseï avait raison : nous sommes une meute ! Nous sommes la Meute! comme autrefois ...

 

Je sens la main de Nasta sur ma peau ... elle dessine les cicatrices qu'elle a soigné autrefois et elle sent ma douleur à travers.

Nous sommes des chimères tous les sept, des êtres "impossibles"... si je le racontai à qui que ce soit, personne ne me croirait ... mais je suis là, Nasta et Piotr sont là ... et les autres seront bientôt là ... 

 

Ils m'ont ramassé, encore cette fois, mais il vont vouloir savoir. Piotr va vouloir savoir... Il va être furieux, "à la russe" ... J'ai vu dans les yeux de Nasta qu'elle savait : pas les "qui" et "où", ni les noms, ni les détails, mais elle sait pourquoi.

Elle me connait bien.

Dans ses yeux, il n'y a de douceur que pour moi ... pour les autres, j'y ai vu une lueur glacée sans aucune pitié ... c'est la plus féroce des deux ... elle n'aura pas de pitié ... ça n'existe pas dans son monde.

 

Elle s'assied à mes côtés sur le lit... elle m'a veillé toute la nuit ... Son frère se tient juste derrière, debout ... ils attendent que je leur parle ... 

 

 

VENDREDI 7 MAI 2010

Dette de sang ...

Voilà, ils attendent "mon histoire" ... je la leur dois ... on se croirait en pleine pièce de Nô ou de Kabuki : chacun sait ce qu'il va se passer mais chacun va faire ce qui doit l'être ... impossible de faire autrement ! 

 

Le regard bleu glacial Nasta anesthésie ma douleur ... Ils sont là pour ce qu'ils pensent être leur dette aussi ! Ridicule !

Mais je les comprends : à leur place je ferai pareil ...

 

Vingt et un an et c'est comme hier ... retrouver Nasta pour rejoindre les autres au Dôjo ...

 

Les ruelles de la Rive Gauche: c'était une autre époque, une autre ville ... maintenant des résidences mais à ce moment là des squats, des vielles maisons parfois insalubres ou en ruines, quelques terrains vagues ...

Une semaine tranquille : pas de famille sur le dos et mes amis à rejoindre ... J'approche ...

 

Des cris ... Je connais sa voix ... Courir ... Vite...

Devant l'entrée: Nasta et trois hommes, la quarantaine au moins ... je crois ...

Ils la tiennent, elle se débat ... son t-shirt est arrachée ... elle vacille sous la claque d'un des hommes... elle tombe à terre...

 

L'instinct ! Je crie ... je crois... ou je feule ... wolfen ... c'est comme ça qu'ils m'ont surnommé ... un jeune loup sauvage et inapprochable ... Je le sens là ... c'est lui qui se rue sur eux ...

 

Nasta m'a vu, entendu ? Elle se redresse et les autres se figent ... mon bras l'attrape et la lance dans la rue ..."Cours! " ... "Fuis !" ... "Ils sont à moi" ... "Rejoins les... la Meute" ...

Elle court ... J'ai vu la peur dans ses yeux ... la première fois !

 

Ils parlent russe ... Ça va commencer !

J'ai été bien formé... je bloque le premier coup et je frappe ... une fois, deux fois : deux impacts ! je frappe fort et je vise juste... Le premier tombe, souffle coupé ... neutralisé !

Le second lance une jambe ... je bouge, et je frappe encore ... il recule, vacille: plus d'appui stable pour lui !

Je sens le troisième ... derrière... ma tête explose ... sais pas avec quoi il m'a frappé ...

 

LE NOIR ... PLUS RIEN !

 

...

 

GLACIAL ! ... L'eau glacée me réveille en sursaut ... j'ai mal au crâne !

Des lumières braquées sur moi:  ça fait mal ...  trop violent pour un nyctalope ! 

Ils sont là .. ils parlent toujours russe..

Je suis attaché à une chaise ... et nu ! Ça va pas aller fort je crois !

 

Le plus grand parle ... me parle: j'ai "interféré" ... Ils étaient là pour faire passer un message de "business" au père da Nasta et Piotr .

Il est dans le "business" russe ... ça veut tout dire ! 

Le message pour qu'il comprenne ? Ils viole la fille pendant des heures et la rende à sa famille comme une plaie vivante ... Le viol, c'est le préambule du message ... juste pour qu'elle se calme ! Il y a une suite ...

 

Je grelotte ... on est en plein été mais là suis congelé ...

 

J'ai "interféré" et ils ne sont pas content ... premier coup : j'ai la machoire dure... deuxième coup: mon plexus explose ... plus d'air ... j'ai mal ... C'est juste le début ... quelques coups pour qu'ils se défoulent ... juste ça !

L'eau glacée encore ... je tremble .. je ne cris pas ... je ne sais pas crier ... je sais juste me prostrer ... et les haïr : ils voient mes yeux et ils savent ... ils ne me brisent pas ...

 

... pas encore ...

 

Un s'est penché et ramasse quelque chose ... j'entends un grésillement ... je sais ! Je n'aime pas ça !

Je n'ai jamais mal : je suis fait comme ça ! Mon corps de ne sait presque pas souffrir !

... Mais là ! Ça va faire très mal !

 

Il s'approche en souriant de moi, un fil électrique dans chaque main ... il les fait crépiter en les effleurant ... Je vois l'arc électrique ... ça va commencer ...

 

Je n'ai pas hurlé ... j'ai grogné je crois ...

les fils ont couru sur chaque centimètre de mon corps attaché ... les liens se sont enfoncés dans ma peau et saignent ...

Les fils électriques ... encore ... l'eau glacée ... encore... encore ...

Ils n'ont épargné aucune parcelle de ma peau ... de mon corps ... Il n'y a pas de mots ... ma peau est en feu et brûle jusqu'aux os ...

 

Ils me détachent .. je tombe face contre  terre ... Je ne peux même plus bouger un muscle ... une loque  ... trop mal ... mon corps n'est plus à moi ...

L'eau encore... ils n'ont pas fini ... Ils explorent tout... je ne sais plus... je ne veux plus savoir... je veux juste que ça s'arrête...

 

Ça dure encore ... l'eau... les fils ... encore...

 

Ça s'arrête... ne sais plus rien ... ni du temps... ni de rien ...

 

juste face contre terre ... mon corps tremble ... Ils rient ... je crois ... une voix : "maintenant je vais leur faire rattraper ce qu'ils ont perdu avec la fille" ... 

Deux coup de pieds violents écartent mes jambes ... j'entends un bruit de ceinture ... je sais ce qu'ils vont me faire ... je ne peux pas bouger ... j'entends encore le bruit du pantalon tomber par terre ... 

 

LA PORTE EXPLOSE  

Des hommes rentrent ... Tout hurle en russe ... On se bat ... je crois ...

Une main sur ma tête : "Tout va bien" ... Les gardes du corps du père de Nasta : ils sont venus me chercher ... 

Ils me portent, je crois ... Je ne sais plus... une voiture, des escaliers ... tout tourne ... le noir ...

 

Je me réveille doucement ... dans un lit ... tout est clair ...

Nastasja est assise à côté de moi ... J'ai mal partout ... Piotr aussi là  .. son père ...

Ils disent : sauvé Nasta ... dette d'honneur ... pour toujours jusqu'au dernier descendant ... 

 

Trop russe tout ça! 

 

Nasta me veille, me soigne ... 3 nuits durant elle reste à mon chevet ...me soigne ... j'ai l'impression que les fils électriques courent sur mon corps tout le temps ...

Mes mains tremblent depuis ...

 

J'étais juste là ... Eux m'ont sauvé ... 

Pendant plus d'un an, toutes les nuits, je me réveille  comme si les fils courraient sur mon corps trempé ! 

Le temps efface beaucoup ... Le temps soigne ...

Le temps n'efface pas une dette de sang.

 

Leur père est mort assassiné trois ans plus tard ... Ils ont du reprendre les "affaires"(une partie ) pour ne pas être éliminés par les associés de leur père ...

 

Ils attendent mes réponse à leur question ... la question qui est dans le regard translucide de Nasta ...

 

 

SAMEDI 15 MAI 2010

Déesse indienne

Ils vont savoir ... et ils ne vont pas aimer ..

Une rencontre, juste un regard qui balaie tout.

Que dire ?  Comment dire ?

Une brune aux longs cheveux noirs, un regard brun ambré ... je la trouve tellement belle ... mais ce n'est pas seulement ça ...

Ce n'est pas qu'elle vienne dans une vie qui ne va plus ...

Ce n'est pas qu'elle m'approche de plus en plus et que ses regards s'appuient de plus en plus ...

Je la sens blessée, perdue ... je ressens ses douleurs, ses peurs ... je voie ses cicatrices sur ses bras et dans son âme et je suis le seul ...

J'ai plongé dans ses yeux et je m'y suis perdu ... et je l'ai plus qu'aimé dès le premier mot, dès ce premier regard qu'elle est venue chercher ...

Elle se donne un nom de "teletubbies" ... et elle porte celui d'une déesse indienne !

Elle m'a dit, souvent, plus tard qu'elle était mon âme soeur, que nous étions le négatif l'un de l'autre ... joli image pour un photographe ... elle n'a jamais cru que je le pensais ... elle a eu tort ...

Un même destin ... les mêmes tentations, les mêmes peurs, les mêmes jalons dans nos vies au mêmes moments ... à 18 ans d'écart .. mais des choix différents : j'ai toujours choisi la Vie ... pas elle.

Nous : l'envers l'un de l'autre ... l'autre côté du miroir !

 

Elle allait disparaître, se dissoudre ... je lui ai donné une vie, des espoirs, un avenir ... je sais qu'elle a raison quand elle me dit que lui ai sauvé la vie ... mais je ne pourrai vivre sans elle là ...

 

Dans mes yeux, dans mes bras, elle a changé de vie : j'ai fait pour elle ce que personne n'avait jamais fait .. et ce que personne ne fera plus jamais pour elle ...

 

Elle ne pensait pas résister à sa si petite vie ... elle a vu d'autres horizons .. je les lui ai offert...

Je l'ai amené dans mes rêves et dans ma vie  au risque de perdre tout de la mienne ... et j'ai presque perdu la vie .

Elle a été plus que ma femme, au grand jour ... sans se cacher ... alors qu'elle croyait se cacher de tous ...

 

Elle est devenue photographe, ou du moins le crois t elle, parce que je lui ai montré ce monde dont elle ignorait tout, parce que je lui ai mis dans les mains ...

 

Je me suis battu pour elle ... et contre elle ... 8 mois durant, pour sa vie, contre sa maladie, pour qu'elle se soigne et vive ... et nous avions gagné ...

 

L'argent ? ... ses études ... tout ce dont elle avait besoin, ou dont elle avait envie...

Chez "nous"... dont elle m'a chassé, repris les clés, tout a mon empreinte : des photos que j'ai faites parfois il y a 20 ans ... le canapé dans lequel elle s'assied, son frigo, sa bibliothèque, ses magazines, ses livres, ses jeux, son matériel informatique... jusqu'à son labo presque tout entier... jusqu'aux Ganesh qui veillent sur elle ... et même ses chats ! ...

Quant elle se retrouve sans couverture sociale ... je lui offre un salaire ... un contrat ... pour rien ... 

 

Je lui ai ouvert ma vie ... mes enfants qu'elle disait aimer ...

Elle devait être ma femme, la mère de nos enfants ... Alice ? ... et celle qui continuerai d'élever les miens avec moi ...

 

Je lui ai bâti une vie ... créé une société, pour elle ... pour ses projets, ses rêves à elle ... j'ai l'ai construit en dix-huit mois, travaillant toutes les nuits, pour être avec elle le jour ... faire seul en ce temps, ce pour quoi il faut 4 ou 5 perseonnes en 5 ou 6 ans !

J'ai déplacé des montagnes !

 

Elle fut celle qui me connait le mieux et qui en su plus qu'aucune autre personne, jamais ... de ce que je suis ... de ce que j'ai été ...

 

Elle a été un amour au-delà des mots ... sans aucune limites .. et elle l'a gravé dans sa peau ... "mon étoile du soir" ... et "ma petite plume" de l'ange qu'elle était.

 

Elle m'avait dit: .. Quand? ... je lui avais répondu..

Et  le "Quand" est arrivé ... comme dit ... 

Je sens encore sa peau, le poids de son corps, son regard dans mes yeux, le goût de ses lèvres et le parfum de ses cheveux ...

Elle a accepté de m'épouser, de vivre avec moi dès que je serai - bientôt- enfin libre ... j'ai passé plus de temps avec elle qu'avec mes propres enfants durant plus de deux ans...

 

Il a suffit de 4 jours pour qu'elle m'ôte de sa vie et me remplace par un autre ...

Elle m'a dit qu'elle l'avait fait venir dans son lit, notre lit ... dès le premier soir ...

J'ai cru qu'on m'arrachait le coeur ...

Cinq jours plus tard elle me regardait droit dans les yeux en me disant qu'elle voulait un enfant de lui ... mais qu'elle voulait que je reste un peu... pour l'élever aussi !?

Elle voulait "jouer" avec les deux mais m'a ôté de sa vie pour le mettre à ma place ... exactement ...dasn sa vie, dans ses jeux même ... dans tout..

Mais sait elle seulement ce qu'il est et ce qu'il fait là ... non... elle ne voudra jamais le savoir ... 

 

... elle fut ensuite au delà des mots aussi ... odieuse est trop faible ...

... insultes ... menaces ... crises... hystéries ...

Elle a dit des choses, écrit des choses qui aurait du ... aurait pu l'envoyer devant des tribunaux, la faire évincer sur l'heure de ce que j'ai bâti !

 

TORTURÉ ... c'est le mot de tous, sans aucune exception, de ceux qui ont vu ce qu'elle faisait, ce qu'elle écrivait et parfois ont entendu ce qu'elle disait ... elle l'a fait, c'est vrai ...

 

Mon coeur, toute mon âme a volé en éclat ... au sens figuré comme au sens propre ... j'ai survécu cette fois ... mais je meurs quand même ... lentement ...

Notre senseï m'avait dit il y a si longtemps : "personne ne pourra te tuer sauf si tu donnes toi même ce pouvoir à quelqu'un, mon enfant..." ... je lui ai donné ce pouvoir ... à elle seule ... et elle en a usé !

 

 

Mon coeur cède.

Les 12 premiers jours, j'ai dormi 8 heures ... mon coeur a presque cédé à trois reprises, chaque fois plus fort ... rien ne le calme ... j'ai tellement mal...

 

 

 

DIMANCHE 16 MAI 2010

la Sanction

Ils attendaient ... Ils ont écouté ...  Je ne sais pas pendant combien de temps j'ai parlé ... je crois bien que je n'ai jamais autant parlé de moi de toute mon existence.

 

Je n'avais jamais vu dans les yeux de Nasta une telle fureur glacée ... elle est plus que palpable ...

Piotr s'est assis sur le canapé et me regarde fixement ...

 

J'ai fini ... ce coeur qui bat dans ma poitrine fait tellement mal ... je n'en peux plus ...

 

La voix de Nasta ressemble à un feulement rauque ... elle me parle en russe .. je n'y comprend rien ... Piotr explose littéralement ... en russe aussi ...

Je m'effondre allongé sur le lit ... épuisé...

Ils parlent ... ils crient plutôt .. longtemps ... je ne sais plus .. je sombre encore dans le noir ...

 

Je sens la main de Nasta sur ma joue ... mes yeux s'ouvrent dans son regard d'un bleu hallucinant... personne n'a jamais pu soutenir son regard... même sa propre mère ... sauf moi !

 

Elle me parle et je sens la main de son frère se poser sur mon épaule ...

Nos compagnons vont arriver tous dans quelques heures ... Ils vont venir ... la Meute ... à nouveau réunie.

Ils viennent pour moi ... Ils ont tous senti ... Ils viennent pour que je vive ...

 

J'ai encore du mal à me redresser .. je sens ses bras m'enserrer et sa voix s'approche de mon oreille : ils sont là pour moi  et jamais ils ne laisseront qui que ce soit s'en prendre à moi ... me blesser ... me traiter comme ça !

 

Nous avons été bien formé, tous ... dressé même ...

Il n'y a pas de pardon dans leur monde ... et pas de pitié non plus ... Il s'occuperont tous les deux de faire le nécessaire  ... si je le souhaite ... Je n'aurais à m'occuper de rien ...

 

Le nécessaire ... je connais le sens de ces mots et je n'aime pas ça !

Je peux m'occuper de  régler ça ... Les deux me regardent : je n'en suis pas capable ... nous le savons tous ... ou du moins je ne le veux pas !

 

Lorsque je suis allé chez elle en janvier ... c'est lui qui m'a ouvert : j'ai plongé dans ses yeux et j'ai vu au fond de lui ... j'aurais pu le briser, le tuer ... deux impacts auraient suffi: le premier pour le neutraliser et le second pour l'achever.

J'ai été bien formé.

Et je suis bien plus fort, bien plus puissant que les gens imaginent en me voyant ... si ils savaient de quoi je suis capable ... plus personne n'oserait m'approcher!

J'ai failli frapper à ce moment... C'est elle, son arrivée dans la pièce qui m'a arrêté ... je lui aurais volontiers brisé les vertèbres : c'est une mort rapide et clémente ... mais j'aurais aimé sentir son corps céder sous mes bras ... j'aurais aimé qu'il sente au dernier instant qu'il n'est que cela... sans importance.

 

Je ne l'ai pas fait.

Parce qu'il aurait fallu que je la tue aussi ... 

 

Elle a dépassé toute mesure ... Piotr et Nasta le savent ... moi aussi ...

 

Sa voix feule à mes oreilles... ils vont faire le nécessaire ... c'est la Sanction ...

Je refuse : je me redresse ... la Sanction ... qu'est ce qu'ils veulent faire ? ... ils sont trop russe pour que je les laisse faire !

Je ne tue pas ... je n'aime pas ça ...

Mais si je décide que ça doit : je le ferai ... seul ...

 

Ils ont passé trop de temps à fréquenter la "Business russe"  et les anciens associés de leur père ... ici, on est "loin" de ce monde ... c'est du moins ce que la plupart des gens imaginent !

 

Je n'ai qu'un mot à dire .. et ce sera fait ... ils s'en occuperont ...

Pour le reste du monde deux silhouettes disparaitront de l'horizon... juste ça ... comme des milliers tous les ans ...

Pour lui ... une fin "habituelle" ... "juste" pour l'exemple, devant elle : on lui brise les articulations des membres ... et on le jette dans du béton liquide ... vivant ...

Pour elle ... Nasta est moins clémente ... elle vivra ... une mort permanente ... elle la veut droguée à mort ... en pute de chantier à l'Est ... livrée toutes les nuits à 100 ou 150 types qui viendront se vider en elle et lui feront tout ce qu'ils voudront ... et je vois la lueur de joie glacée  dans les yeux de Nasta à l'idée de ce que ça lui fera ... de ce qu'elle va devenir comme ça ...

 

Mon regard les arrête : ils savent !

 

Ils ne feront rien sans que je leur dise ... et ils ... nous ... tenons toujours notre parole ...

 

La femme, celle qui m'a trahi est sous ma protection ... et celui qui m'a remplacé, malgré tout ce que je sais de lui, ... aussi!

Je ne peux pas faire autrement ...

J'ai le pouvoir de les briser, de les détruire ... par moi même ... par mes amis ... et je n'en use pas !

C'est une torture ... mais que puis je faire d'autre ?

 

 

 

LUNDI 31 MAI 2010

la Meute

J'ai eu du mal à me remettre à ces mots, ici... continuer ce récit....

 

La Meute à nouveau réunie !

 

Ils arrivent des quatre coins de la planète ... à l'appel de mon coeur qui cesse de battre.

 

La Meute ... ce n'est pas eux : c'est Nous ... Nous sommes la Meute, ensemble...

 

Ils sont là maintenant ... des silhouettes, 20 ans plus tard et dans leurs regards, les silhouettes de ce que nous étions à 7 ans ... des enfants rieurs devant cette stature qui nous paraissait immense du vieil Éguchi...

Piotr et Nastasja ...

La cascade de boucles cuivre de Moïra avec son regard vert presque sombre qui contraste tant avec la chevelure jais de Mariko, la fille d'Éguchi ou la tignasse ébouriffée de Résu - Resurection ... mais ne l'appelez jamais comme ça si vous tenez à la vie ! - 

... et la silhouette fine de Sebastian ...

 

Des silhouettes de gamins qui se surimposent à celles de nos 20 ans... et celles de nos 40 ...

un instant d'éternité où tout se télescope ... ni passé ... ni présent ...ni futur ... juste des regards inchangés dans le temps ... et l'impression d'être à nouveau vivant !

 

 

Tous les 7 ... la Meute ... ensemble, nous sommes indestructibles, inaltérables ...  ...

6 enfants "accueillis" ou "recrutés", je ne saurais même plus dire, par un ancien oyabun, maître d'arts martiaux ... formes aux kakutto buggei, au Ninpô et aux Dô ...

 

Formés pour quoi ? à être, non qui, mais quoi ? ... une espèce d'idéal suranné que nous portions déjà en nous à ce moment ...

Formés pour faire ressortir ce qu'il y avait de différents dans nos natures ...

Formés pour que les "Chimères" que nous étions déjà se vivent au grand jour ...

Formés pour être des rônins .. non ... pas des rônins ... des guerriers à l'image de Musashi ... une sorte d'idéal, presque un mythe ! ... des guerriers mystiques et esthètes ...

 

Nous avons été formés pour être des êtres improbables .. impossibles : et voilà ce que nous sommes devenus !

 

Le vieil Éguchi nous a choisi ... chacun .. et nous a appris, poussé, à devenir ce que nous étions déjà au fond de nous ...

 

Ensemble nous sommes un ... ils ne pouvaient pas me laisser mourir comme ca ... ils l'ont senti : ils sont venus.

 

Des images par dizaines .. par centaines se télescopent ... des années d'entrainement, des rires qui cascadent, des combats, des blessures ... 

C'était une autre époque, un autre monde, une autre ville ... les course la nuit, tout un monde underground disparu, la musique, les macumbeiros ... un monde pour nous ... pour des êtres "hybrides", mi humain, mi autre chose ... à moitié en marge du monde de la plupart de tous...

Tous contrains à avoir deux vies en même temps au moins ... sinon plus ...

 

Tant d'images, de souvenirs repoussés ... le tourbillon des initiations et des visions, des lumières la nuit, de la violence et de la chaleur de la Meute ... comme si on écrivait une saga ... preque une légende ..

Un poème de fureur et de passions, gravé de sang et d'acier en fusion, comme personne n'en rêverait ...

 

Enfants, Moïra me disait que j'avais un regard de loup ... et que j'agissais comme tel ... je l'étais ... et pour elle et pour tous ... le Wolfen m'a t elle dit un jour avec son accent ...

 

Je suis infiniment heureux d'être à nouveau la Meute...

J'ai infiniment mal d'être là comme je suis ...

Paradoxe ... Ils sont les seuls à pouvoir me ramener à la vie alors qu'elle est la seule à pouvoir me détruire ...

Ils sont venus ... et nous avons tous en mémoire les mots du senseï ... jamais il ne s'est trompé ... mais ils sont là ...

 

Lorsque le coeur de la Meute cessera de battre, alors ils reviendront tous ...

Ils mourront pour cela...

 

Ils sont revenus ... et que vous y croyiez ou non .. ils vont tous mourir pour ça ... j'aurais fait la même chose.

Je ne sais pas quand.

Je ne sais pas comment.

Mais ça va arriver

Nous le savons tous

À cause de moi ...

 

Je suis le Wolfen ... et mon cri est un hurlement de douleur infini dans la nuit...

 

 

 

MARDI 8 JUIN 2010

ce que nous sommes ...

ce que nous sommes ... la Meute ... mes semblables ...  comment le dire ...

Plus sombres qu'il y a 20 ans ...

Un regard un peu plus délavé que celui que nous avions enfants ...

Mais on n'échappe pas à ce que l'on est ... chacun de nous le sait ...

 

 ... non pas QUI nous sommes ... mais CE QUE nous sommes !

 

 

J'avais écrit en introduction à un scénario il y a plusieurs années ...

 

" Imaginez… Imaginez un instant des hommes différents… 

Pas différents dans leur morphologie, dans leur couleur de peaux ou leurs traits… mais plus subtilement différents.

Des êtres qui apparaîtraient dans toutes les races, dans tous les peuples de la terre… et se répandraient peu à peu…

Des êtres que l’on croiserait dans la rue, à qui l’on parlerait ou que l’on pourrait toucher, sans se douter de ce qu’ils sont…

            Imaginez des êtres un peu plus forts que des hommes, non pas plus puissamment bâtis, pleins de muscles… au contraire, plutôt fluets, car toute chose demande moins d’efforts pour eux…

Des hommes aux réflexes plus rapides… et qui en paraîtraient presque nonchalants, inoffensifs…

Des hommes endurants, plus résistants, qui pourraient survivre là où, nous, nous mourrions…

            Imaginez des hommes aux sens différents, ne percevant pas comme nous… peut-être plus nocturnes que nous et… du coup, craignant les lumières trop vives par exemple…

Ou encore dotés d’une ouïe plus fine, plus sélective, d’un odorat peut-être plus différencié et plus résistants…

            Imaginez ce que seraient des êtres capables de tuer d’un geste ou de briser un mur à mains nues, se fondant dans notre obscurité mais pour eux peut-être, simplement, une lumière plus dense !

            Imaginez ces êtres à notre image et pourtant si différents !

Imaginez leur esprit plus vif, plus rapide, fonctionnant d’une façon qui nous est étrangère… peut-être capables de s’affranchir de certaines étapes nécessaires à notre raisonnement… peut-être aptes à une vision plus globale et intemporelle que la nôtre…

            Imaginez quels abîmes sans fond, quel lointain infini ils pourraient concevoir, maîtriser !

Des êtres ne pouvant partager nos craintes, nos peurs, nos désirs… et, en même temps, capables d’une empathie telle qu’ils pourraient parvenir à mieux lire en nous que nous-même.

            Imaginez ce que notre monde ferait à de tels êtres : ceux que nos pulsions, notre cruauté et nos perversions ne pousseraient pas au suicide ou à la folie dans leur jeune âge, deviendraient aussi durs qu’un diamant, polis, inaltérables… comme amputés de certains de nos méandres psychologiques… des êtres sans les inhibitions qui nous dominent et nous protègent, tout à la fois.

            À quoi pourrait bien les pousser cette empathie maîtrisée et contrôlée, de force ?

Imaginez ces êtres que l’on ne pourraient distinguer que, peut-être, par leur attitude lointaine, comme observatrice de notre monde, de nous ? " 

 

 

Pas si loin que ça de notre réalité ...

 

... nyctalope ... incapable de discerner la tombée de la nuit ... les yeux pailletés d'or, vestige de l'oeil prénatal ... l'iris sculpté en relief dans un velours brun ... comme un regard sépia  d'enfant à peine né  ... ouvrant sur un champs de vision plus large que la plupart ...

 

... l'ouïe blessée par les vibrations trop sourdes, trop basses ...

 

 ... quasi insensible à la douleur ... pouvant contrôler en partie son rythme cardiaque...

 

 ... capable de discerner vos émotions, les pensées que vous laissez affleurer à votre conscience ... capable de sentir... de ressentir vos douleurs ... aussi puissamment que vous ... et parfois de les chasser ...

 

Pour des choses que nous pouvons voir ou faire, on nous aurait adoré ... ou  brûlé .... pour ça rien ne change ...

On nous craint toujours ... personne n'aime ceux qui sont différents ....

Quand nos regards s'assombrissent et que la colère ... la fureur nous emporte .... plus personne ne peut soutenir l'un de nos reagrds .

Tous reculent ... même nos propres pères ...  Imaginez ce qu'est lire la peur dans un tel regard ...

Tous reculent et aucun n'oublie jamais ce qu'ils lisent dans ce regard ...

 

Ombres & Lumières : voilà de que nous sommes ...

 

des "vieilles âmes" comme on nous avait dit  ... comme tenant d'une ancienne alliance avec le Monde ...

 

.. comme, étant enfant quand je pouvais retrouver mes forces par la terre elle-même ... avais je l'impression...

... comme je pouvais arrêter le cours de toute pensée ... "stopper le monde" ... et le temps qui glisse et s'écoule à travers soi , sans prise ... un instant d'éternité et de visions ... comme un lien hors du temps et de l'espace ... et tant de choses que vous ne croiriez pas... que vous n'imagineriez même pas ...

 

C'est ce que nous sommes...

 

C'est ce que je suis ...

 

 ... cela et d'autres choses ...

 

 

MERCREDI 9 JUIN 2010

Wolfen

C'est comme ça qu'elle m'a appelé il y a longtemps ... Moïra, avec son curieux accent 

 

...un mélange ... une Chimère entre l'homme et l'animal ... 

 

Dans les montagnes italiennes ... il y a plus de vingt ans ... Moïra et moi ... nous pistions une meute ... enfin un bien grand mot : la suivions... appareil photo au poing... déjà ! 

 

Peu de chance de la rejoindre ... des heures de traque .. de pistes ... 

 

Dans la lumière chaude du soir : la meute ! 

... à quelques dizaines de mètres ... impossible ... 

 

Ils sont sous le vent ... pas nous! 

L'objectif se lève presque tout seul ... 

la louve grogne et retrousse ses babines ... je peux sentir sa force, sa puissance dans tout mon corps ... 

 

Moïra est à quelques dizaines de mètres .. je l'ai distancé sans même m'en apercevoir! 

 

Je déclenche ... une image ... une diapo ... la louve se retourne ... 

 

Elle devient floue dans l'objectif ... un instant ... un seul instant .... 

 

Je vois ses yeux ... je sens son souffle contre mon visage ... elle m'observe ... 

je peux plonger dans son regard ... lire ... et elle lit dans le mien ... au delà du mien ... ... le temps s'est figé ... 

je sens la fourrure de son museau contre mon visage et son souffle ... un instant... je suis seul à nouveau ... 

 

... comme un lien ... une alliance... 

 

... des images déferlent aujourd'hui encore ...

... une seule diapo de la louve là ...

 

des souvenirs de chiens dressés venant manger dans la main d'un tout petit garçon ... d'oiseaux jouant avec moi ... de rapace blessé réchauffé dans mes mains et reprenant son envol ... 

 

... souvenir du regard d'un chevreuil s'arrêtant au milieu d'une route et s'approchant de moi jusqu'à quelques centimètres ... d'une biche entourée de faons, la nuit, qui s'approche de ma main tendue ... 

 

... souvenir du regard d'un milan déployé volant, au même rythme de ma route, les yeux dans les miens des kilomètres durant ... ... tant d'images semblables ... ... comme une alliance sans cesse renouvelée... 

 

 

... Je suis le Wolfen ... et mon regard brille des milliers de ces vies ... 

 

C'est ce que je suis ... c'est qui je suis ... tout au coeur de ma Meute...

 

 

 

MERCREDI 21 SEPTEMBRE 2011

les loups entre eux ...

Plus d'un an s'est écoulé ... 

... une année de sang alors que j'avais espéré un peu de paix et d'espoir ... mais juste ce goût métallique au fond de la gorge ... juste ça ... 

 

Par quoi commencer ? ... encore ... 

... je suis le dernier ... 

 

Nasta ... ma louve arctique ... la première ... 

... tous les siens condamnés à mort par les trafics de son père ... tous irradiés, à leur insu, parce qu'exposés à l'uranium revendu et mal protégé à l'époque ... il y a 20 ans: la leucémie les a tous rongés et tués ...

 

Sa fille contaminée avant même de naître ... Myriam ... elle est morte en fin d'année ... je ne savais pas ... elle m'a dit après: sur ses photos elle ressemblait tant à sa mère ... et le même bleu translucide de ses yeux ... juste de longs cheveux bruns avec des reflets roux qui bouclent en faisant des anglaises ... comme son père...

Myriam ... le même nom que ma soeur jumelle morte à la naissance ... elle s'est éteinte à 21 ans ... en laissant juste dans ce monde une lettre pour moi et un nuage de cendres répandu au pied d'une cascade ...

 

Nasta ensuite ... lassée de vivre sans sa fille et de se battre sans fin ... 

Elle m'a demandé si je voulais bien qu'elle vienne mourir ici ... près de moi... Elle a juste arrêté de prendre ce qui la maintenait en vie ... 

... elle est venue et elle s'est éteinte dans mes bras, un verre de vin des chais de Massandra aux lèvres ... un "miel des pâturages d'Altaï" vinifié en 1917 le dernier des vins du Tsar... juste un jour de Noël ... 

Comment le dire à ceux qui vivent dans le monde "normal" ? 

Mon âme se brise encore ... sans fin ... 

et un peu plus à chaque pas pour répandre ses cendres plus tard auprès de sa fille ... 

 

Son frère, mon frère ... se laisse mourir aussi ... à quoi bon ? 

Ils ont rempli leur office : je suis vivant ... survivant plutôt ... 

 

 

Le Senseï l'avait dit : pour que le coeur de la meute rebatte ils donneraient tous leur vie ... 

Je me sens las et triste ...

 

Mariko tombe sous les balles de la police lors de l'assaut de son clan yakuza ... elle meurt le sabre à la main ...

 

Et en Mars nous devions, les quatre derniers, aller au Sanctuaire ... le temple du clan de notre Senseï ... notre Temple... celui de Mariko ...

Je suis resté pour mes enfants ... 

Gwen, Sebastian et Resu sont arrivés à Sendaï le 11 Mars ... 

... le tsunami les a emporté dans le Temple ... 

... des jours après on a retrouvé leurs dépouilles dans ce qui restait de la Cour de Jade ...

 

Je suis le dernier des loups de la Meute ... 

 

... et les deux seules personnes qui auraient pu l'entendre ne l'ont pas fait ...

 

Il y a sept fantômes qui peuplent mes nuits et suivent mes pas dans l'ombre ... 

 

Nul ne sait à part ces mots écrits que personne ne lit ... 

 

 

Je suis le Wolfen ... et rien n'est terminé ...